« On m'a enlevé mes enfants parce que j'étais malade »

Publié le 30 mars 2026 à 12:47
Dossier DPJ — Failles systémiques

Une mère hospitalisée à la suite d'un médicament prescrit. Un an de séparation. Des décisions cliniques prises par une intervenante dont le statut professionnel a été mis en cause auprès de deux ordres. Ce n'est pas un cas isolé.

Nous avons reçu des centaines de témoignages sur nos plateformes. Beaucoup décrivent le même schéma : une vulnérabilité temporaire, une intervention rapide, une sortie du système qui n'arrive jamais — ou qui arrive trop tard. Le dossier que nous publions aujourd'hui illustre ce schéma avec une précision documentaire rare : des dizaines de pièces, des courriels institutionnels, un plan d'intervention signé, des confirmations officielles de deux ordres professionnels différents, et des réponses directes de la mère à nos questions. Il pose une question que le système refuse de poser lui-même.

Section 01

Un médicament. Une hospitalisation. Une famille démembrée.

Sophie — prénom fictif — est une mère de quatre enfants. Jusqu'au printemps 2025, elle les élève avec leur père, s'occupe de leurs suivis médicaux, gère le quotidien. Deux de ses enfants ont des besoins particuliers. Elle allaite le plus jeune. La vie est organisée, présente, normale.

Puis un médicament prescrit par un neurologue provoque un épisode psychiatrique aigu. Sophie n'avait jamais présenté ce type de décompensation auparavant. Elle est hospitalisée. C'est une réaction iatrogène — c'est-à-dire causée par un traitement médical, non par une fragilité préexistante non contrôlée.

La Direction de la protection de la jeunesse intervient. C'est son mandat. Une hospitalisation psychiatrique dans le contexte d'une famille avec de jeunes enfants justifie une évaluation. Personne ici ne remet en question le principe de l'intervention.

Ce qu'on remet en question, c'est ce qui s'est passé ensuite.

« On m'a accordé une heure par semaine avec mes enfants. Une heure. Dans un petit local fermé. Sans fenêtre. Froid. Surveillé. On observait chacun de mes gestes. Chaque regard. Chaque parole. »

— Sophie, témoignage transmis à Justice-Quebec.ca

À son retour de l'hôpital, Sophie n'a plus de maison commune, plus de famille réunie. Son bébé — qu'elle allaitait — lui est retiré sans transition. Ses autres enfants sont placés ou séparés d'elle. Les visites supervisées commencent en avril 2025 : une heure par semaine, dans des locaux de la DPJ, sous surveillance constante.

Pendant ce temps, Sophie se lève. Elle prend sa médication. Elle respecte tous ses suivis. Elle collabore avec le système qui la surveille. Elle est stable depuis juillet 2025 — soit moins de quatre mois après l'hospitalisation. Un an plus tard, les visites supervisées n'ont toujours pas été levées lors des événements que ce dossier documente.

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Section 02

La pièce que personne ne devait voir

En cherchant à comprendre pourquoi les mesures se prolongeaient sans explication, Sophie fait une démarche que peu de parents songent à faire : elle vérifie le statut professionnel de l'intervenante désignée responsable de son dossier à la DPJ.

Cette intervenante porte le titre d'agente de relations humaines, secteur des services spécifiques, Direction du programme jeunesse du CISSS des Laurentides. Ce titre ne figure pas parmi les professions réglementées par un ordre professionnel au sens du Code des professions du Québec.

Sophie écrit à l'Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec (OPPQ). La réponse arrive signée par l'adjointe administrative du Bureau du syndic :

Réponse officielle — Bureau du syndic, OPPQ

« Après vérification, nous vous confirmons que [l'intervenante] n'est pas membre de l'Ordre. »

Le courriel précise que le dossier est transmis au responsable des dossiers de pratique illégale afin de déterminer s'il y a matière à analyse au regard des lois et règlements en vigueur.

Mais Sophie ne s'arrête pas là. Elle contacte également l'Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec (OTSTCFQ). La réponse arrive sous la référence de demande no. 35 645 : la demande a été transmise à l'équipe des affaires juridiques de l'Ordre pour suivi.

Ce sont donc deux ordres professionnels distincts qui ont reçu des signalements dans ce dossier. Et dans les deux cas, la démarche a été jugée suffisamment sérieuse pour être transmise aux instances compétentes — pratique illégale à l'OPPQ, affaires juridiques à l'OTSTCFQ.

Ces confirmations ne tranchent pas la question de la culpabilité — ce n'est pas leur rôle à ce stade. Mais elles établissent un fait : la personne ayant rédigé des rapports d'observation à des fins décisionnelles et judiciaires, imposé et prolongé des mesures de supervision, et rencontré seule la mère à son domicile n'était pas membre d'un ordre professionnel habilité à poser ces actes.

Qu'est-ce qu'un acte réservé ?

Au Québec, le Code des professions réserve certains actes à des professionnels détenant un permis valide délivré par leur ordre. Dans le domaine de la protection de la jeunesse, l'évaluation de la situation d'un enfant, l'appréciation du risque et les recommandations influençant les modalités de contact ou le milieu de vie d'un enfant constituent des actes réservés aux travailleurs sociaux membres de leur ordre.

Une personne qui pose ces actes sans être membre d'un ordre habilité exerce illégalement — peu importe son titre d'emploi, peu importe l'institution qui l'emploie. Et si les rapports qu'elle a produits ont servi à prolonger des mesures de supervision ou à influencer des décisions judiciaires, la valeur probante de ces documents est elle-même remise en question.

Ce que les documents établissent — actes posés sans permis d'ordre professionnel
  • Rédaction de rapports d'observation à fins décisionnellesConfirmé par courriel
  • Imposition et prolongation des visites superviséesDocumenté
  • Visite au domicile sans préavis (1h30)Documenté
  • Recommandations influençant le milieu de vieDocumenté
  • Appel au conjoint pour évaluer l'état mental de la mèreConfirmé par échange courriel
  • Statut professionnel non membre d'un ordreConfirmé par l'Ordre lui-même

À titre de comparaison : l'intervenant en soutien à intensité variable (SIV) de Sophie — le professionnel qui l'accompagne dans son rétablissement — signe son plan d'intervention avec un numéro de permis d'ordre professionnel valide. Le contraste est documenté dans les propres documents du dossier.

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Section 03

Deux prolongations. Aucune justification écrite. Aucun incident.

Lors de la signature du projet d'entente devant la Cour en août 2025, la représentante de la DPJ s'était engagée à faire évoluer rapidement les visites vers des visites non supervisées. Sophie a signé l'entente sur la foi de cet engagement. Son avocate était présente et peut en confirmer la teneur.

Cet engagement n'a pas été respecté.

Chronologie des prolongations — telle que documentée
Avril–sept. 2025 Visites supervisées par la DPJ. Aucun incident signalé.
Septembre 2025 Prolongation des visites supervisées. Aucune justification écrite fournie à la mère.
Décembre 2025 Nouvelle prolongation. Aucun justificatif, aucun incident signalé lors des visites précédentes.
Janvier 2026 Sophie est stable depuis plusieurs mois. Plaintes formelles déposées au Commissaire local aux plaintes et à la qualité des services du CISSS des Laurentides (CISSS-LAU). Réponse reçue — aucune mesure concrète, aucun changement aux modalités.
Début 2026 Les visites avec supervision sont finalement levées pour certains enfants — sans document écrit, sans justification formelle. Mais pour l'une de ses filles, les visites restent supervisées dans un bureau de la DPJ Lanaudière, une heure par semaine, après plusieurs heures de route. Sans explication. Sans calendrier. Sans appels autorisés entre les visites.

Sophie décrit ce que vivent encore ses enfants aujourd'hui, malgré un rétablissement complet reconnu :

« J'avance à l'aveugle. Jamais de réponse à mes courriels. Jamais de détails. Jamais de confirmation. Pas de calendrier. Pas de documents. Rien. Ce manque de clarté rend difficile de comprendre sur quelle base les décisions sont prises. »

— Sophie, réponse à nos questions, mars 2026

Sophie demande par écrit, à plusieurs reprises, la justification clinique du maintien de la supervision. Elle invoque l'article 37 de la Loi sur la protection de la jeunesse, qui précise que le bien-être et l'intérêt supérieur de l'enfant doivent guider toute décision, et que la supervision n'est nécessaire que tant que des motifs sérieux subsistent.

Elle ne reçoit jamais de justification clinique écrite. Elle reçoit, un jour, cette réponse à plusieurs courriels urgents et documentés :

Réponse reçue — 26 janvier 2026

« Nous pourrons aborder vos courriels lors de notre rencontre planifiée. »

Une seule phrase. Pour des demandes touchant la prolongation de mesures ayant un impact direct sur quatre enfants.

La carte de Saint-Valentin

Ce détail, peut-être plus que tout autre, illustre l'étendue du contrôle exercé sur le lien mère-enfants. En février 2026, l'école d'une des filles de Sophie organise un échange de cartes de Saint-Valentin. Tous les élèves en reçoivent une de leurs parents.

Sophie doit écrire à la DPJ pour demander la permission d'envoyer une carte à sa fille.

C'est la réalité quotidienne d'une mère sous supervision DPJ. Non pas parce qu'un incident s'est produit. Non pas parce qu'un professionnel qualifié a documenté un risque actuel. Mais parce que le système, une fois enclenché, tourne.

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Section 04

Le portrait que les documents donnent d'elle

Nous posons ici la question que tout lecteur honnête doit se poser avant de juger un système : est-ce que Sophie était dangereuse ? Est-ce que les mesures, même prolongées, pouvaient être justifiées par des éléments que nous ne voyons pas dans ces documents ?

Notre réponse, après analyse de l'ensemble des documents transmis, est nuancée mais claire.

L'intervention initiale pouvait être justifiée. Une hospitalisation psychiatrique dans un contexte familial avec de jeunes enfants est un signal que la DPJ a le devoir d'évaluer. Nous ne remettons pas ce principe en question.

Ce qui s'est passé ensuite ne l'était pas. Le portrait qui émerge des courriels, plans d'intervention, plaintes formelles et demandes documentées est celui d'une femme organisée, cohérente, juridiquement informée et centrée sur ses enfants. Elle produit des propositions de calendrier raisonnées. Elle demande des comptes sur les actes réservés. Elle crée des outils pédagogiques pour soutenir l'apprentissage de sa fille ayant un trouble du langage. Elle ne reçoit pas de réponse à ses demandes formelles — mais elle continue, méthodiquement, à documenter.

Extrait du plan d'intervention SIV — rédigé et signé par Sophie, janvier 2026

Projet de vie : « Renouer les liens avec mes 4 enfants et vivre dans ma maison avec ma famille. »

État de santé mentale autodéclaré : « je me sens bien. »

Stratégie d'action : bien dormir, bien manger, prendre sa médication, marcher, dessiner, voir son médecin, parler de ses préoccupations. Signé par l'intervenant SIV avec numéro de permis valide.

Ce n'est pas le document d'une personne en décompensation. C'est le document d'une personne qui travaille, point par point, à reconstituer ce qui a été brisé.

Pendant ce temps, les mesures continuaient.

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Section 05 — bis

Ce que cette année a fait aux enfants

On parle beaucoup de la mère dans ce dossier. Des documents, des procédures, des ordres professionnels. On parle moins des enfants. Sophie nous a répondu sur ce point avec une précision qui mérite d'être entendue.

État des enfants — mars 2026, selon la mère

Détresse émotionnelle · Anxiété liée aux séparations · Difficultés scolaires · Perte de repères · Retard de développement documenté · Besoin constant de leur mère

« Ce sont des enfants à besoins particuliers qui avaient une stabilité, une routine, un lien fort… et qui ont été coupés de cela pendant une longue période. »

Ce que Sophie décrit pour son adolescente est particulièrement lourd. Elle évoque une détresse psychologique grave — automutilation, anxiété sévère — chez une jeune fille qui avait déjà traversé une période extrêmement difficile avant que la DPJ n'intervienne, et qui avait dans sa mère sa principale ancre. Cette fillé a été séparée de sa mère pendant plusieurs mois, avec pour justification officielle qu'elle n'allait pas assez bien pour la voir — alors que, selon Sophie, elle l'attendait.

Il y a aussi, dans l'arrière-plan de ce dossier, un contexte que Sophie avait choisi de garder pour elle jusqu'ici et qu'elle nous a transmis : c'est ce qui a précédé l'hospitalisation — la situation que Sophie vivait comme mère, seule, en tentant de protéger son adolescente de situations graves à l'école et sur les réseaux sociaux. Elle avait documenté, dénoncé, rassemblé des preuves. Les institutions avaient peu réagi. Et c'est dans ce contexte d'épuisement et de combat solitaire qu'elle a subi l'épisode provoqué par le médicament.

Nous choisissons de ne pas détailler davantage ces événements dans cet article — ils permettraient d'identifier la famille. Mais ils éclairent ce que le dossier DPJ n'a pas vu : une mère qui se battait pour protéger ses enfants, et qui s'est retrouvée identifiée comme le problème.

« On m'a fait passer pour une mère instable… alors que je faisais exactement ce qu'un parent doit faire : protéger mon enfant. »

— Sophie, mars 2026
Section 05

Ce n'est pas un cas isolé — le pattern que nous observons

Depuis l'ouverture de notre section Dossiers citoyens et témoignages, nous avons reçu des centaines de messages. Ils viennent de partout au Québec. Ils décrivent des situations différentes — garde, DPJ, droit familial, aide juridique, droit du travail. Mais dans les dossiers impliquant la DPJ, un pattern revient avec une régularité troublante.

Le pattern — ce que les témoignages décrivent de façon récurrente
  • Intervention déclenchée par une vulnérabilité temporaire (maladie, séparation, crise)Récurrent
  • Mesures imposées sans justification clinique documentée transmise au parentRécurrent
  • Prolongations sans incident, sans évaluation formelleRécurrent
  • Absence de calendrier écrit sur de longues périodesRécurrent
  • Plaintes au commissaire qui n'aboutissent pas à des changements concretsRécurrent
  • Parentalité surveillée qui fragilise le lien au lieu de le protégerRécurrent

Le dossier Julien — même système, autre porte d'entrée

Nous avons publié le dossier de Julien (prénom modifié), un père autiste atteint du syndrome de Gilles de la Tourette, dont les accès à ses enfants lui sont refusés depuis plusieurs années — et sans contact depuis plusieurs mois. Son dossier implique le système judiciaire familial et le Barreau — pas la DPJ directement. Pourtant, la DPJ avait en main des rapports psychosociaux ordonnés par la cour elle-même, favorables au père. Malgré ces rapports, malgré les conclusions des professionnels mandatés par le tribunal, Julien ne peut plus voir ses enfants. Le tribunal a jugé — à travers ses tics, à travers sa différence neurologique — qu'il ne représentait pas le parent approprié.

Ce qui rend ce dossier particulièrement grave : c'est sa propre avocate, Me Bianca Vigneault, qui lui aurait déclaré qu'une personne comme lui ne méritait pas d'avoir des enfants. Un juge lui aurait quant à lui dit qu'une personne comme lui ne méritait pas d'avoir d'avocat. Ces propos, s'ils sont avérés, ne sont pas des dérapages isolés — ils révèlent comment la neurodivergence est perçue et traitée dans certaines salles d'audience québécoises.

Dans le dossier de Sophie, ses courriels matinaux étaient présentés comme des signes d'instabilité. Dans le dossier de Julien, ses tics étaient interprétés comme une incapacité parentale — malgré des rapports professionnels qui disaient le contraire. Dans les deux cas, le système a interprété la différence — neurologique, médicale — comme un défaut de la personne plutôt que comme une donnée de contexte à comprendre.

Ce n'est pas une coïncidence. C'est une faille structurelle.

La question que personne ne pose

Dans le dossier de Sophie, la question centrale n'est pas « est-ce qu'elle aurait dû être surveillée ? » La question centrale est : qui surveille ceux qui surveillent ?

Si une agente de relations humaines sans permis d'ordre professionnel peut rédiger des rapports utilisés devant les tribunaux, imposer des mesures de supervision et les prolonger sans justification écrite — et si personne dans la chaîne institutionnelle ne signale ce problème avant que la mère elle-même fasse la démarche auprès de l'Ordre — alors le problème n'est pas Sophie. Le problème est le système qui a permis que cela arrive.

Et si cela a pu arriver dans ce dossier-ci, avec une mère documentant tout méthodiquement, que se passe-t-il dans les dossiers où la mère n'a pas cette capacité ? Où le père ne parle pas français ? Où la personne concernée est en situation de handicap cognitif ? Où personne ne connaît le Code des professions ?

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Section 06

Ce que la loi dit — et ce qui se passe sur le terrain

La Loi sur la protection de la jeunesse (RLRQ, c. P-34.1) est explicite à son article 37 : l'intérêt de l'enfant est la considération primordiale dans toute décision. La supervision n'est maintenue que tant que des motifs sérieux le justifient. Ces motifs doivent pouvoir être documentés et communiqués.

Le Code des professions du Québec (RLRQ, c. C-26) réserve certains actes à des membres en règle d'ordres professionnels habilités. L'évaluation psychosociale, l'appréciation du risque et les recommandations influençant le milieu de vie d'un enfant dans un contexte de protection de la jeunesse font partie des actes réservés aux travailleurs sociaux membres de l'Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec (OTSTCFQ).

Ces deux lois existent. Elles sont claires. Ce que le dossier de Sophie illustre, c'est l'écart entre le texte et le terrain — et l'absence de mécanismes permettant à une famille de signaler cet écart et d'obtenir une réponse en temps utile. Sophie a utilisé tous les recours disponibles : plainte au commissaire, demandes écrites de justification clinique, vérification du statut professionnel auprès de deux ordres. Chaque démarche a abouti à une réponse institutionnelle — aucune n'a produit de changement concret dans les délais où il aurait compté.

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Un rétablissement complet. Une séparation qui continue.

Sophie voit certains de ses enfants sans supervision. En ce sens, une partie de son histoire a progressé. Mais un an après l'intervention initiale, l'une de ses filles est toujours en visite supervisée dans un bureau distant — une heure par semaine, après plusieurs heures de route, sans appels autorisés entre les visites, sans explication formelle sur les motifs du maintien.

Le commissaire aux plaintes a répondu. Aucune mesure concrète n'a suivi. Les deux ordres professionnels ont transmis les signalements à leurs instances compétentes. Aucune conclusion officielle n'a encore été rendue publique.

Rien dans ce dossier ne suggère que ce qui a permis cette situation — une intervenante dont le statut professionnel a été mis en cause, gérant seule un dossier de protection de la jeunesse pendant des mois, sans justification clinique écrite, sans calendrier, avec des prolongations sans incident documenté — a été formellement reconnu ou corrigé par les institutions concernées.

Le prochain parent dans cette situation n'aura peut-être pas la capacité de documenter tout cela. Il ne connaîtra pas le Code des professions. Il ne saura pas écrire à deux ordres pour vérifier les statuts. Et le système continuera de tourner, parce que personne dans la chaîne institutionnelle n'est chargé de vérifier que la personne qui prend ces décisions a réellement le droit légal de les prendre.

C'est cela, la faille. Pas une personne malveillante. Pas un geste isolé. Une architecture institutionnelle qui permet que des décisions de cette ampleur soient prises par des personnes dont les qualifications n'ont pas été vérifiées — et qui ne prévoit aucun filet pour attraper ces situations avant qu'elles brisent des familles.

Ce que nous retenons

Derrière les dossiers, il y a des vies. Derrière les décisions, il y a des enfants qui pleurent leur mère. Et une mère qui n'a jamais cessé d'être leur maman.

Le système n'a pas le droit de l'oublier. Nous non plus.

Vous avez vécu une situation similaire ?

Justice-Quebec.ca recueille des témoignages de parents ayant traversé le système DPJ. Si vous avez vécu une situation où des décisions ont été prises sans justification documentée, où des intervenants ont agi hors de leur champ d'exercice, ou où le système n'a pas rempli sa mission de protection, nous voulons vous entendre.

Votre témoignage peut être publié anonymement. Il peut contribuer à documenter un pattern systémique et à changer les choses pour les familles qui viendront après vous.

Écrivez-nous : justice-quebec@outlook.com

Sources et méthodologie

Cet article est basé sur des dizaines de pièces transmises par la personne concernée — courriels institutionnels avec adresses @ssss.gouv.qc.ca vérifiables, calendriers officiels sur papier à en-tête du CISSS-LAU et du CISSS de Lanaudière, plan d'intervention SIV original signé, confirmations écrites du Bureau du syndic de l'OPPQ et de l'OTSTCFQ, plaintes formelles, réponses institutionnelles, et réponses directes de la mère à cinq questions posées par Justice-Quebec.ca en mars 2026.

Tous les noms de personnes physiques (mère, enfants, intervenants individuels) ont été anonymisés ou remplacés par des désignations génériques. Les détails géographiques précis et les éléments permettant d'identifier la famille ont été généralisés délibérément. Les noms d'institutions publiques (CISSS-LAU, CISSS de Lanaudière, DPJ, OPPQ, OTSTCFQ) sont maintenus car ils agissent dans l'exercice de fonctions publiques.

La question de la pratique illégale des actes réservés est une allégation transmise aux ordres professionnels compétents. Des confirmations de non-appartenance aux ordres ont été obtenues. La décision finale sur la nature des actes appartient aux ordres et, le cas échéant, aux tribunaux.

Loi sur la protection de la jeunesse (RLRQ, c. P-34.1), art. 37 · Code des professions du Québec (RLRQ, c. C-26) · Documents institutionnels du CISSS-LAU et du CISSS de Lanaudière · OPPQ — Bureau du syndic · OTSTCFQ — Service à la clientèle, demande no. 35 645.

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