Un père autiste dénonce un engrenage judiciaire et policier qui l’aurait privé de ses enfants
« Je tondais ma pelouse. Deux heures plus tard, j’étais traité comme un terroriste. »
C’est par cette phrase que Julien (prénom modifié pour protéger l’identité des enfants) résume l’intervention policière qui, selon lui, a fait basculer sa vie. Ce père autiste et atteint du syndrome Gilles de la Tourette, en contexte de séparation, affirme avoir perdu l’accès à ses enfants à la suite d’une série d’événements judiciaires et policiers qu’il qualifie aujourd’hui de discriminatoires.
Une intervention policière spectaculaire
Selon son témoignage et les documents d'accès à l'information, l’affaire débute avec deux carabines de chasse appartenant à son ex-conjointe. Il affirme avoir insisté pour qu’elles soient récupérées avant son départ de la résidence familiale. Malgré une confirmation indiquant qu’elles ne s’y trouvaient plus, il dit les avoir découvertes cachées sous un escalier.
Craignant d’être impliqué à tort, il affirme avoir démonté les armes et confié les pièces à son père afin qu’elles soient remises à leur propriétaire.
Quelques jours plus tard, un voisin l’appelle : une importante opération policière est en cours à son domicile.
Julien décrit un déploiement comprenant véhicule blindé, policiers en tenue d’assaut, maîtres-chiens et démineurs. Il est arrêté, menotté et interrogé au sujet d’armes, d’explosifs et d’un éventuel bunker — des éléments qu’il nie catégoriquement.
Aucun explosif ni arsenal n’a été découvert lors de la perquisition. Les accusations les plus graves, dont fabrication d’explosifs et possession illégale d’armes, auraient été abandonnées avant même d’être officiellement déposées. Des accusations de menaces de mort, basées selon lui sur des témoignages indirects non crédibles, seront retirées par la suite.
Au terme du processus judiciaire, il affirme avoir été acquitté sur l’ensemble des chefs.
« Même si le dossier tombe, l’étiquette reste », soutient-il.
Des allégations de discrimination
Julien estime que son autisme a influencé la perception qu’on a eue de lui devant les tribunaux.
Il affirme qu’au cours d’une audience, le juge Pierre Labelle lui aurait déclaré qu’« une personne comme lui » ne méritait pas d’avoir un avocat, ce qui l’aurait forcé à se représenter seul par la suite, malgé son handicap. D'ailleurs, un autre juge, Stéphane Lacoste, lui a refusé ses accommodements raisonnables et son accompagnateur lors des audiences, comme l'indique le procès verbal du 18 novembre 2025.
Il rapporte également que son ancienne avocate, Me Bianca Vigneault, lui aurait dit : « Une personne comme toi ne mérite pas d’avoir des enfants. »
Ces propos allégués ne sont pas confirmés par les parties visées. Julien les présente comme des exemples d’une « discrimination systémique subtile », où son mode de communication et son intensité auraient été interprétés comme des signes d’instabilité, malgré un rapport neurologique qui le classe comme HPI dans le 98e pourcentile. (Haut potentiel intellectuel)
« Signer ou perdre les enfants »
Le père soutient que la rupture avec ses enfants ne découle pas d’un seul jugement, mais d’une accumulation de décisions prises dans un climat de pression constante.
Il affirme que des rapports psychosociaux et de la DPJ auraient été favorables à une garde partagée, mais qu’ils auraient été cachés au tribunaux par son avocat MIchel Lachance, toujours sous enquête du syndic du barreau.
Il soutient que Me Michel Lachance ferait toujours l’objet d’une enquête disciplinaire et que Me David Chun a démissionné du Barreau alors qu’une enquête du syndic était en cours. Ces informations ont étés confirmées de manière indépendante dans le cadre du présent article.
Le « piège » du palais de justice
Un épisode en particulier alimente son sentiment d’injustice. Représenté alors par Me Bianca Vigneault dans le cadre de l’aide juridique, Julien dit avoir d’abord cru avoir trouvé une alliée : elle lui aurait affirmé que son dossier était solide et qu’une audience de sauvegarde en urgence — annoncée le vendredi pour le jeudi suivant — ne serait qu’une formalité, d’autant plus que la DPJ, selon lui, appuyait sa position par des rapports favorables. Or, à mesure que l’échéance approche, il raconte un silence total : appels, courriels et messages resteraient sans réponse. La veille de l’audience, inquiet de se présenter seul, il contacte lui-même la DPJ et obtient, dit-il, un message à transmettre au tribunal invitant à attendre le rapport final. Peu après avoir laissé un message à son avocate indiquant qu’il se rendrait au palais de justice malgré tout, elle le rappelle et lui assure que l’audience est annulée; son ex-conjointe lui aurait écrit la même chose.
Le lendemain, en consultant le rôle, il constate pourtant que l’audience est maintenue. Sur place, il affirme avoir été éloigné de la salle, isolé dans un cubicule et pressé de signer un document volumineux — un texte de plusieurs dizaines de pages rédigé par l’avocat de la partie adverse, David Chun, qui a démissionné du Barreau du Québec le 5 février 2025 en pleine enquête du syndic — destiné notamment à la DPJ et le décrivant comme un danger. Julien refuse de signer. C’est à ce moment, affirme-t-il, que son avocate lui aurait lancé : « Écoute, une personne comme toi ne mérite pas d’avoir des enfants. Soit tu signes, soit on s’est déjà arrangé pour que tu ne voies plus jamais tes enfants. » Il soutient que ces paroles auraient été prononcées malgré les rapports psychosociaux et les évaluations favorables à son égard. Il finit par entrer en salle au moment où, dit-il, l’avocat adverse plaide son « absence ». Selon lui, cet épisode marque un tournant irréversible : « J’ai compris que la bataille ne se jouait plus sur les faits, mais sur l’image. »
Un « cercle fermé »
Julien affirme être actuellement en appel. Il soutient également qu’une enquête en déontologie policière serait en cours.
Il dénonce un système où, selon lui, les institutions se renverraient la responsabilité : tribunaux, Barreau et instances disciplinaires fonctionneraient « en vase clos ».
Depuis février 2026, un article publié sur justice-quebec.ca affirme que Me Anne-France Goldwater aurait transmis au Barreau des informations liées à une « fraude criminelle grave » dans son dossier associé à l’ex-avocat David Chun, anciennement de chez Spunt & Carin. Malgré ces éléments allégués, le Bureau du syndic maintiendrait la fermeture du dossier.
À la suite de ces événements, des déclarations fausses à son sujet et de gestes répétés de harcèlement et d’aliénation parentale, Julien s’est présenté à plusieurs reprises au poste de police de Repentigny afin de déposer une plainte formelle. Les policiers ont refusé d’enregistrer sa plainte. Il a capté des enregistrements audio dans lesquels on l’entend se faire répondre : « Tu viens juste nous faire chier », « Tu as des tics faciaux, tu sembles nerveux, tu as l’air d’un drogué », alors même qu’il expliquait être atteint du syndrome de Gilles de La Tourette. Ces enregistrements sont accessibles sur le site justice-quebec.ca.
Entre récit personnel et dénonciation systémique
À travers sa plateforme, Julien dit vouloir dépasser son cas personnel et soulever des enjeux plus larges : complexité des procédures, coûts judiciaires, accès aux preuves et impact de la réputation dans les dossiers familiaux.
« Une seule parole peut mobiliser une armée contre vous », affirme-t-il.
Au cœur du débat demeure une question sensible : celle de l’équilibre entre protection des enfants, droits parentaux et perception d’un parent présentant une neurodivergence.
Pour Julien, l’enjeu reste simple : retrouver une place dans la vie de ses enfants.
Aujourd'hui, Julien refuse qu'un parent neurodivergent soit jugé sur ses symptômes plutôt que sur son amour. Le combat continue sur justice-quebec.ca, une plateforme qui recueille désormais les mots d’encouragement et les expériences de situations semblables. Les lecteurs sont invités à consulter la section « Témoignages » pour partager leur histoire et soutenir la démarche.
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