Troisième article d'une série de cinq sur l'affaire Sanderson-Roberge. Le dossier complet est disponible ici : justice-quebec.ca/enquete-exclusive-l-affaire-sanderson-roberge — L'article 2 documente l'enregistrement sorti par erreur du greffe.
Le 20 août 2024, Jacqueline Sanderson perd son droit de pratique. Vingt-deux mois de radiation, avec exécution provisoire et saisie de ses dossiers professionnels à domicile. Elle cesse immédiatement de représenter Samuel Roberge.
Six jours plus tard — le 26 août — elle reçoit un courriel du syndic adjoint du Barreau du Québec. Celui-là même qui avait recommandé sa radiation cinq mois plus tôt. Il l'informe qu'il vient d'être contacté par le DPCP au sujet du dossier de Samuel Roberge.
Sur une cinquantaine de dossiers qu'elle avait en charge au moment de sa radiation, c'est celui-là que le bureau de la procureure adverse a jugé urgent de signaler.
26 août 2024 — six jours, un dossier
« Que se passe-t-il dans le dossier de M. Samuel Roberge ? Qui est le cessionnaire qui a repris la charge de ce dossier ? Je suis informé par le DPCP que des requêtes sont présentables demain dans ce dossier. Merci de m'informer sans délai du nom de votre cessionnaire. À défaut d'avoir ces informations, nous devrons venir prendre possession de ce dossier sans délai pour ne pas nuire à ce Monsieur qui, selon ma compréhension, est détenu. »
Ce courriel établit noir sur blanc que c'est le DPCP — le bureau de la procureure adverse Me Eve Malouin — qui a contacté le Barreau au sujet de ce dossier précis. Et c'est le syndic adjoint qui avait signé le plan d'argumentation recommandant la radiation de Sanderson qui traite personnellement ce signalement.
Justice-Quebec.ca ne tire aucune conclusion sur les intentions des personnes impliquées. Nous documentons la chronologie telle qu'elle est établie par les documents.
Une sanction exceptionnelle — et contestée
La radiation de Jacqueline Sanderson a été ordonnée en première instance par Me Manon Lavoie, Présidente du Conseil de discipline du Barreau du Québec. Sanderson conteste la portée exacte de l'ordonnance : elle soutient que les termes nonobstant appel n'y figuraient pas explicitement, et que la Cour d'appel a qualifié cette situation d'erreur cléricale — une erreur que le Barreau n'a jamais demandé de corriger.
Pendant ce temps, Sanderson avait déposé une plainte au Barreau contre Me Eve Malouin — pour des infractions qu'elle qualifie de potentiellement plus graves que celles dont elle-même est accusée : fausses déclarations au juge Labrie, dépôt en preuve d'un rapport policier dont l'auteur a témoigné ne jamais l'avoir rédigé, dissimulation de preuves pendant des années. Le Barreau n'a pas ouvert de dossier. Sa plainte privée amendée a été rejetée dans sa totalité. Elle est en appel.
Ce que les avocats de La Presse ont fait retirer
En novembre 2024, le journaliste Tristan Péloquin a publié un article dans La Presse sur la radiation de Sanderson. Ce que Sanderson qualifie de censure : les avocats de La Presse auraient exigé le retrait de plusieurs éléments de l'article — dont la référence à la recommandation de sanction de 6 mois, le document correspondant, et le fait que Me Malouin est mariée à un policier de la Division des fraudes du SPAL — force policière impliquée dans le dossier Roberge depuis le début.
Octobre 2025 — Me Harvey radié à son tour
En octobre 2025, Me Stéphane Harvey — le successeur de Sanderson au dossier Roberge — est radié à son tour. Les deux radiations, dans le cadre du même dossier criminel, ont été ordonnées en première instance par la même décideuse : Me Manon Lavoie, Présidente du Conseil de discipline du Barreau du Québec.
Samuel Roberge se retrouve alors sans représentation juridique — pour la deuxième fois depuis son arrestation en juin 2022.
Cet article est le troisième d'une série de cinq. L'article 4 documente la plainte contre le juge — et le numéro de dossier absent du registre public du Conseil de la magistrature.
Le dossier complet : justice-quebec.ca/enquete-exclusive-l-affaire-sanderson-roberge
- Article 1 / 5Détenu depuis 2022, deux avocats radiés, un mémoire déposé depuis sa cellule
- Article 2 / 5L'enregistrement que personne n'aurait dû entendre
- Série complèteL'affaire Sanderson-Roberge — Dossier d'enquête en 5 articles
- Pièces au dossierConsulter les documents officiels au soutien de l'enquête
- AnalyseAttaquer. Ignorer. Étouffer. Ces réflexes fonctionnent-ils encore en 2026 ?
Plateforme citoyenne indépendante — Non gouvernementale — L'auteur n'est pas avocat.
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