Juges Gibbens et Hamel désignés coordonnateurs adjoints à la Cour du Québec — et quatre magistrats autorisés à siéger après leur retraite

Publié le 13 mars 2026 à 18:14

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Magistrature · Nominations · Cour du Québec

Le 12 mars 2026, le gouvernement du Québec a publié un avis officiel de désignations concernant sept magistrats de la Cour du Québec et des cours municipales. Deux juges accèdent à des postes de coordination, quatre autres obtiennent l'autorisation de siéger après leur retraite, et une juge municipale voit son départ encadré. Des décisions discrètes en apparence — mais qui touchent directement à la qualité de la justice rendue aux citoyens.

Deux nouvelles désignations à la coordination

La juge Dominique Gibbens et le juge Robert Hamel sont tous deux désignés juges coordonnateurs adjoints de la Cour du Québec, respectivement à compter du 31 mars et du 1er avril 2026.

La juge Dominique Gibbens n'est pas une inconnue dans le paysage judiciaire québécois. Ancienne associée chez Fasken Martineau, où elle pratiquait le litige civil et commercial complexe, notamment les recours collectifs et l'arbitrage international, elle a été nommée juge à la Cour du Québec en 2015. Son parcours académique est atypique : baccalauréat en musique à l'Université McGill, baccalauréat en droit à l'Université de Montréal, puis maîtrise en droit administratif et public à la London School of Economics. Elle occupait déjà le poste de juge coordonnatrice adjointe à la Division administrative et d'appel de la région de Montréal depuis mars 2023 — la désignation annoncée constitue donc un renouvellement de mandat, signe de la confiance du juge en chef envers son travail. Son rôle la place dans une position charnière : assurer la fluidité des rôles d'audience, la gestion des délais et la coordination entre les juges de sa région. En d'autres termes, c'est elle qui veille à ce que la justice ne s'embourbe pas dans les méandres bureaucratiques.

Le juge Robert Hamel incarne quant à lui un parcours rare. Admis au Barreau en 1994, il a consacré 35 ans de sa carrière au Centre communautaire juridique de Montréal — l'organisme qui gère l'aide juridique pour la région —, où il a occupé une grande diversité de fonctions, d'avocat à directeur de bureau. Nommé juge à la Chambre de la jeunesse à Montréal, il a été désigné juge coordonnateur adjoint à cette même chambre en 2022, mandat renouvelé en 2024. La désignation officielle du 12 mars confirme et formalise la poursuite de ce rôle. La Chambre de la jeunesse est l'une des plus sensibles du système judiciaire québécois : elle traite des dossiers touchant à la protection de l'enfance, à la délinquance juvénile et aux droits des mineurs. Un juge coordonnateur adjoint y joue un rôle crucial dans la gestion des dossiers urgents et dans la protection concrète des jeunes les plus vulnérables.

Ce que fait un juge coordonnateur adjoint — et pourquoi ça compte

La Cour du Québec, avec ses 333 juges répartis sur l'ensemble du territoire québécois selon les données actuelles de la Cour, s'appuie sur une structure de gestion interne composée de 10 juges coordonnateurs et de 12 juges coordonnateurs adjoints, désignés par le juge en chef parmi les membres de la Cour.

Ces juges ne perdent pas leur rôle décisionnel : ils continuent d'entendre des causes. Mais en plus de leurs fonctions judiciaires, ils assurent la coordination administrative et opérationnelle de leur région ou de leur chambre — distribution des dossiers, gestion des rôles d'audience, respect des délais, communication entre les acteurs du palais de justice. Leur mandat est de trois ans, renouvelable, approuvé par le gouvernement sur demande du juge en chef, conformément à la Loi sur les tribunaux judiciaires. Il ne s'agit donc pas d'une nomination politique arbitraire, mais d'un processus balisé par la loi, initié par la magistrature elle-même.

Quatre juges autorisés à prolonger leur service après la retraite

La seconde partie de l'avis gouvernemental concerne les juges Béatrice Clément, François Boisjoli, Gatien Fournier et Maurice Parent. Le gouvernement les autorise à continuer d'exercer des fonctions judiciaires après leur retraite, selon les mandats que leur assignera le juge en chef.

Cette pratique, prévue par la Loi sur les tribunaux judiciaires, permet à des juges expérimentés de rester actifs sur une base ponctuelle pour aider à résorber les dossiers en attente ou pallier des besoins dans certaines régions ou chambres. Le Québec fait face, comme beaucoup de juridictions, à une pression réelle sur les délais judiciaires. Permettre à des juges chevronnés de rester disponibles après leur retraite est l'une des réponses pragmatiques que le système s'est donné pour éviter que des dossiers ne stagnent faute de juges disponibles. Ces quatre magistrats représentent des décennies cumulées d'expérience au sein de l'institution — leur transition encadrée témoigne d'une gestion proactive des ressources humaines au sein de la magistrature québécoise.

La juge municipale Line Ouellet : une retraite au 27 mars 2026

L'avis vise également la juge municipale Line Ouellet, autorisée à continuer d'exercer des fonctions judiciaires assignées par la juge municipale en chef à compter de sa retraite le 27 mars 2026. Admise au Barreau en 1981, elle a exercé en cabinet privé en droit des affaires et en litige civil et commercial avant d'être nommée juge de la Cour municipale commune de la MRC de Lotbinière en 2006. Après une longue carrière au service de la justice, cette autorisation gouvernementale lui permettra de continuer à contribuer selon les besoins exprimés par la juge municipale en chef.

Ce que ces mouvements révèlent

Ces décisions passent presque inaperçues dans les médias grand public. Elles méritent pourtant qu'on s'y arrête. Le renouvellement du mandat de la juge Gibbens témoigne d'une volonté de stabilité dans les postes de coordination — changer fréquemment de coordonnateurs déstabilise le fonctionnement des chambres. L'autorisation accordée à quatre juges de siéger après leur retraite est révélatrice d'une pression réelle sur les ressources judiciaires. Et le profil du juge Hamel — 35 ans en aide juridique avant de coordonner la Chambre de la jeunesse — rappelle que derrière chaque désignation se trouve un parcours humain, une vision de la justice.

Qui entend vos causes ? Qui coordonne les rôles d'audience ? Qui assure que votre dossier ne dort pas six mois dans une pile ? Ce sont précisément les personnes visées par ce type d'avis officiel — des documents publics, accessibles à tous, qui permettent de comprendre comment fonctionne concrètement la justice québécoise.


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Sources : Gouvernement du Québec, Avis de désignations — Secrétariat à la sélection des candidats à la fonction de juge, 12 mars 2026Cour du Québec, organigramme et page DirectionCour du Québec, archives des désignations à la coordinationDroit-inc., désignations juges coordonnateurs adjointsFasken Martineau, communiqué de nomination, 2015 — Gazette officielle du Québec, 13 décembre 2023.


Cet article présente de l'information journalistique et factuelle à des fins d'information citoyenne sur la magistrature québécoise. Justice-Quebec.ca est un site d'information et de vulgarisation. Nous ne sommes pas membres du Barreau du Québec et ne prétendons pas l'être.

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