DOSSIER MONSIEUR G.
DOSSIER MONSIEUR G.
Un avocat radié pour vol, une victime invalide, et trois institutions qui se renvoient la balle — indéfiniment.
Ce dossier porte sur Monsieur G. — identité préservée à sa demande — citoyen vivant avec une invalidité psychiatrique reconnue de longue date et de sévères limitations physiques. Entre décembre 2024 et janvier 2025, il verse 6 312 $ à Me Arsen Arutyunyan, du cabinet Hathaway Avocats Inc., pour être représenté devant le Tribunal administratif du logement et aux petites créances. L'avocat disparaît en mars 2025. Le Barreau le radie d'urgence pour vol et entrave à une enquête du syndic. Un an plus tard, Monsieur G. n'a toujours pas été indemnisé — pris en étau entre trois institutions qui se renvoient chacune vers les deux autres.
Les informations rapportées s'appuient sur la décision de radiation du Barreau du Québec (28 mars 2025), les correspondances du Bureau du syndic, du Fonds d'indemnisation et du Fonds d'assurance responsabilité professionnelle, ainsi que sur les pièces au dossier communiquées volontairement par Monsieur G. L'identité de ce dernier a été préservée à sa demande.
Un citoyen vulnérable face à un avocat sans scrupules
Monsieur G. subsiste grâce à une rente d'invalidité. Ce fait est essentiel — non pour susciter la pitié — mais pour comprendre le déséquilibre brutal des forces en présence. Entre décembre 2024 et janvier 2025, il puise dans ses économies pour engager Me Arsen Arutyunyan afin d'être représenté au Tribunal administratif du logement et aux petites créances. Les paiements sont documentés. Les factures existent. Total versé : 6 312 $.
En mars 2025, les communications cessent. L'avocat ne retourne plus les appels, n'ouvre plus les courriels, laisse son client affronter seul des échéances devant les tribunaux. Ce que Monsieur G. ignore alors : Me Arutyunyan fait l'objet d'une radiation d'urgence par le Barreau du Québec pour s'être approprié des sommes de ses clients et avoir entravé une enquête du syndic.
Trois portes. Aucun guichet unique. Et une victime invalide qui doit naviguer entre toutes sans accompagnement.
Les faits dans l'ordre des événements
Les personnes impliquées dans ce dossier
Citoyen vivant avec une invalidité psychiatrique reconnue de longue date et de sévères limitations physiques, subsistant grâce à une rente d'invalidité. A versé 6 312 $ à Me Arutyunyan pour des représentations devant le Tribunal administratif du logement et aux petites créances. Abandonné en plein milieu de ses procédures. Engagé depuis plus d'un an dans un parcours institutionnel sans issue ni indemnisation.
Avocat au cabinet Hathaway Avocats Inc. Radié d'urgence par le Barreau le 28 mars 2025 pour appropriation de fonds de clients et entrave à une enquête du syndic. Plainte du syndic : 27 infractions. Accusations criminelles de menaces avec arme à feu dès son premier mois de pratique (août 2022), non déclarées au Barreau. Faux site web laissant croire à un cabinet chevronné. Audiences plaidées depuis Playa del Carmen, Mexique, en prétendant être à Toronto. Au moins 4 clients lésés pour plus de 9 200 $. Vivrait désormais à temps plein au Mexique.
A radié Me Arutyunyan d'urgence en mars 2025. Mais poursuit toujours son enquête « au ralenti » huit mois après la radiation — sur un avocat déjà expulsé vivant au Mexique — en réclamant des factures en PDF pour « finaliser la preuve ». Cette enquête interminable paralyse le Fonds d'indemnisation, qui attend ses conclusions pour agir.
A refusé d'indemniser Monsieur G. en février 2026 au motif que « l'enquête du Bureau du syndic suit son cours ». Bloqué dans l'attente d'une enquête disciplinaire qui porte sur un avocat déjà sanctionné et vivant à l'étranger.
A conclu en février 2026 ne pas avoir « la démonstration qu'une faute a été commise » — et renvoyé Monsieur G. vers le syndic. Cette position est difficilement conciliable avec le fait que le Barreau avait lui-même radié l'avocat près d'un an plus tôt pour vol et entrave.
Trois portes — aucune réponse
Le cas de Monsieur G. illustre avec une clarté accablante ce que Justice-Quebec.ca appelle la boucle infernale institutionnelle : un système entièrement compartimenté où chaque instance renvoie vers une autre, et où la victime reste indéfiniment en suspension.
Le Fonds d'assurance dit : pas de démonstration de faute — adressez-vous au syndic.
Le Fonds d'indemnisation dit : en attente de l'enquête du syndic — pas d'indemnisation pour l'instant.
Le Bureau du syndic enquête toujours au ralenti sur un avocat radié depuis un an, vivant au Mexique, et réclame qu'on mette son adjointe en copie.
Sur le plan juridique, la séparation des trois instances est peut-être cohérente. Sur le plan humain, elle fragmente la réponse et épuise les victimes — particulièrement celles, comme Monsieur G., qui vivent avec de lourdes limitations et n'ont ni les ressources ni l'énergie de naviguer sans accompagnement dans ce labyrinthe.
Un système devient un outil de violence lorsqu'il exige d'une personne vivant avec de lourdes limitations qu'elle navigue sans erreur entre trois instances sourdes, sans accompagnement, sans délai garanti, sans réponse humaine. La question n'est plus de savoir si le système est défaillant. Elle est de savoir qui il protège réellement.
Où en est le dossier aujourd'hui
Au 30 mars 2026, Monsieur G. n'a toujours pas été indemnisé. Ses 6 312 $ n'ont pas été remboursés. Me Arutyunyan vit au Mexique. L'enquête du syndic est toujours en cours. Le Fonds d'indemnisation attend toujours ses conclusions. Le Fonds d'assurance a fermé son dossier.
Ce dossier n'est pas isolé. Depuis la publication de l'enquête sur Julien — un autre père laissé pour compte par les mêmes institutions — des dizaines de témoignages similaires ont afflué sur Justice-Quebec.ca. Des profils différents, un même mur institutionnel.
Un modus operandi systémique
Ce dossier ne prétend pas établir la culpabilité de quiconque au-delà de ce que les instances officielles ont déjà conclu. Me Arutyunyan a été radié par le Barreau lui-même. Ce qui est documenté ici, c'est ce qui se passe après la radiation — le traitement réservé à la victime par les instances censées la protéger. Justice-Quebec.ca poursuivra sa couverture de ce dossier à mesure que de nouveaux éléments seront disponibles.
Une information à ajouter ou un témoignage en lien avec Me Arutyunyan ou ce dossier ? Écrivez-nous à justice-quebec@outlook.com — chaque message est lu.