Depuis plusieurs mois, Justice-Quebec.ca documente un dossier complexe mêlant procédures familiales, poursuites connexes, démission en pleine enquête disciplinaire et interventions du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).
Au cœur de cette séquence : David Chun, ancien avocat du cabinet Spunt & Carin, dont le rôle est central tant dans les procédures civiles que dans les démarches criminelles et disciplinaires évoquées dans nos précédentes publications.
Sa disponibilité – ou son absence – a eu un impact direct sur l’évolution de certains dossiers, notamment quant à la possibilité d’un interrogatoire et à l’existence d’une preuve jugée suffisante par le ministère public.
C’est dans ce contexte qu’une question simple persiste : où se trouve réellement David Chun ?
Dans le dossier impliquant le cabinet Spunt & Carin, une question simple persiste : où se trouve réellement David Chun ?
Ancien avocat du cabinet Spunt & Carin, David Chun a officiellement démissionné du Barreau du Québec le 5 février 2025, comme le confirme un courriel du Barreau. Or, depuis cette démission, des versions contradictoires ont été déposées devant différentes instances judiciaires.
Chine ou Québec ?
Dans des échanges produits au dossier, il est allégué que David Chun résiderait désormais en Chine, ce qui aurait pour effet de compliquer, voire d’empêcher, son témoignage.
Pourtant, une déclaration sous serment signée par Jewel Anna Harrison, parajuriste au cabinet Spunt & Carin, affirme le contraire. Elle y déclare avoir personnellement croisé David Chun au Walmart de Kirkland le 11 octobre 2025 et soutient qu’il résiderait actuellement au Québec. Cette déclaration est accompagnée de photographies produites comme pièce JH-1.
Nous sommes donc devant deux versions incompatibles :
Résidence en Chine
Présence physique au Québec, attestée sous serment par une employée du cabinet
Une conséquence criminelle directe
Le 23 juillet 2025, la procureure du DPCP, Me Flavie Picard, écrit que le ministère public déclarera ne pas avoir de preuve suffisante à offrir dans le dossier, et qu’il n’y aura donc pas de procès.
La situation de David Chun est explicitement évoquée dans les échanges précédents, notamment quant à sa disponibilité comme témoin.
Le 1er août 2025, Me Yan Vachon indique par ailleurs que le dossier d’enquête RPY-250224-012 a été transféré au bureau du DPCP de Montréal en raison du fait que plusieurs personnes visées seraient des acteurs judiciaires du district de Joliette.
Un conflit d’intérêts apparent
Un autre élément soulève des questions plus structurelles.
La défenderesse dans le dossier familial est représentée par Me Cynthia Ward, dont les coordonnées figurent au bas de la déclaration sous serment. Me Ward est associée au cabinet Spunt & Carin. Or, ce même cabinet est impliqué dans un litige connexe.
La configuration factuelle est la suivante :
Une cliente est représentée par une associée du cabinet Spunt & Carin.
Ce même cabinet est visé dans un dossier connexe.
Une employée du cabinet produit une déclaration sous serment concernant David Chun. (Québec)
Parallèlement, l’avocat mandaté et rémunéré par le fonds d’assurance, Jean-François Noiseux, adopte une version procédurale différente quant à la disponibilité ou à la situation de David Chun. (Chine)
Le DPCP indique ne pas disposer d’une preuve suffisante dans le contexte évoqué.
Autrement dit, le cabinet utilise une déclaration sous serment produite par l’une de ses propres employées, non pas pour se défendre lui-même directement, mais pour défendre sa cliente au familial. Dans le même temps, sa propre défense dans la poursuite connexe est assumée par un avocat externe mandaté et payé par le fonds d’assurance, lequel avance une position procédurale distincte susceptible d’avoir une incidence sur la tenue d’un interrogatoire.
Ainsi, des ressources internes du cabinet produisent des déclarations factuelles sous serment dans un dossier lié, pendant que la défense du cabinet lui-même, financée par le fonds d’assurance, adopte une posture différente dans la poursuite connexe.
Il ne s’agit pas d’affirmer l’existence d’une faute.
Mais la configuration soulève une question légitime : un cabinet peut-il simultanément défendre une cliente, être impliqué dans un dossier connexe, utiliser ses propres employés pour produire des déclarations sous serment sur des éléments centraux du litige, et voir sa propre défense assumée par un avocat mandaté par le fonds d’assurance qui adopte une position procédurale distincte ?
Des versions qui ne concordent pas
Au fil des documents :
Le Barreau confirme la démission de David Chun.
Une déclaration sous serment affirme qu’il réside au Québec.
Le DPCP déclare ne pas avoir de preuve suffisante.
L’enquête est transférée à Montréal en raison de l’implication d’acteurs judiciaires locaux.
La question demeure entière.
Où est David ?
Et surtout : pourquoi les versions officielles, les déclarations sous serment et les positions procédurales semblent-elles évoluer selon les instances saisies ?
Une question d’intérêt public
Lorsque des éléments factuels contradictoires sont déposés sous serment, lorsque des dossiers criminels sont abandonnés faute de preuve suffisante et lorsque des enquêtes sont transférées en raison de l’implication d’acteurs judiciaires locaux, la question dépasse le simple cadre privé.
Elle touche à la cohérence institutionnelle.
Justice-Quebec.ca poursuivra son analyse des contradictions documentées et des enjeux de conflit d’intérêts soulevés par ce dossier.
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