Un avocat démissionne du Barreau, une fuite présumée à l'étranger, et le silence des instances de régulation

Publié le 19 février 2026 à 04:53

Me David Chun, avocat du cabinet Spunt & Carin, démissionne du Barreau du Québec en pleine enquête disciplinaire et aurait fui au Canada — ou en Chine, selon la version. Le Fonds d'assurance du Barreau finance sa défense. Le Bureau du syndic ferme les dossiers. L'AMF est saisie. Rien ne bouge.

L'individu central :

 Me David Chun — démission, fuite présumée, localisation contestée sous serment

Me David Chun était avocat au sein du cabinet Spunt & Carin, un cabinet de droit familial établi à Westmount (Québec). Il est au cœur d'allégations de collusion judiciaire, d'entrave à la justice et de fabrication de faux, documentées dans une demande introductive d'instance en Cour supérieure (dossier 705-17-011918-255).

Le 5 février 2025, Me Chun a officiellement démissionné du Barreau du Québec alors qu'il faisait l'objet d'une enquête du Bureau du syndic. En droit disciplinaire québécois, la coopération à une telle enquête est une obligation déontologique. La démission en cours d'enquête constitue, selon les allégations formulées dans la demande introductive, une faute déontologique grave en soi.

 

Indicateur de risque — Localisation contradictoire sous serment

Deux versions incompatibles ont été déposées devant des instances judiciaires distinctes :

Version 1 — Résidence en Chine : Dans le cadre de la défense assumée par Me Jean-François Noiseux, mandaté et rémunéré par le Fonds d'assurance responsabilité professionnelle du Barreau du Québec (FARPBQ) pour défendre le cabinet Spunt & Carin, il est soutenu que Me David Chun résiderait désormais en Chine. Cet argument a une incidence directe et documentée sur la possibilité de le contraindre à témoigner ou de le faire comparaître dans les procédures en cours.

Version 2 — Présence physique au Québec : Une déclaration sous serment signée par Jewel Anna Harrison, parajuriste au cabinet Spunt & Carin, affirme que Me David Chun a été croisé personnellement au Walmart de Kirkland (Québec) le 11 octobre 2025. La déclaration est accompagnée de photographies produites comme pièce JH-1.

Ces deux versions ne peuvent être simultanément exactes. L'une ou l'autre constitue une fausse déclaration devant une instance judiciaire. À ce jour, aucune instance n'a tranché cette contradiction, et Me Chun demeure introuvable pour les fins des procédures qui l'exigent.

Bureau du syndic du Barreau du Québec : fermeture de dossiers malgré des allégations de fraude criminelle grave

Malgré la démission de Me Chun en pleine enquête, le Bureau du syndic n'a prononcé aucune sanction disciplinaire publique connue. Me Guylaine Mallette, syndique adjointe, a confirmé par écrit la fermeture définitive du dossier, refusant toute nouvelle demande d'enquête au motif qu'une décision avait déjà été rendue et confirmée par le Comité de révision.

Cette fermeture survient dans un contexte particulièrement chargé. Selon la demande introductive, la décision concernant Me Cynthia Ward (associée de Spunt & Carin) a été entachée d'une erreur factuelle fondamentale admise par écrit par Me Mallette elle-même : la décision confondait l'avocat du demandeur avec celui de la partie adverse. La fermeture du dossier de Me Ward aurait de plus été prononcée le lendemain de la soumission par le demandeur d'une preuve du DPCP — alors que la veille, l'enquête lui avait été confirmée comme en cours.

Point déterminant : Me Anne-France Goldwater, avocate parmi les plus connues du Québec en droit familial, aurait elle-même transmis une dénonciation au Barreau du Québec concernant les faits allégués dans ce dossier. Son fils, Me Daniel Goldwater, a formulé par écrit des propos d'une gravité exceptionnelle concernant Me David Chun et le cabinet Spunt & Carin, qualifiant les actes reprochés de « fraude criminelle grave » et de « cover-up ». Ces propos constituent des allégations et non des conclusions judiciaires. Malgré cela, la réponse du Bureau du syndic est demeurée inchangée : fermeture.

FARPBQ : le Fonds d'assurance finance la défense du cabinet visé et envoie des mises en demeure à des journalistes

Le Fonds d'assurance responsabilité professionnelle du Barreau du Québec (FARPBQ), dont la mission est de gérer les réclamations de manière juste et équitable envers le public, a mandaté et rémunéré Me Jean-François Noiseux pour défendre le cabinet Spunt & Carin dans la poursuite civile intentée par le demandeur — le même cabinet dont un ancien membre est au cœur des allégations de fraude.

Me Noiseux, du cabinet CDNP avocats, agissant dans ce cadre, a transmis des mises en demeure à des journalistes couvrant l'affaire, notamment à M. Michel Harnois. Ces interventions ont eu pour effet pratique de freiner la diffusion publique d'informations relatives au dossier. La demande introductive qualifie cet acte d'abus de droit : l'utilisation d'une procédure légale non pas pour un motif légitime de défense, mais pour faire taire un journaliste dans le cadre d'un dossier d'intérêt public.

Il est également allégué que Me Noiseux aurait délibérément proposé un interrogatoire de Me Chun par visioconférence — une manœuvre décrite dans la demande introductive comme visant à dissimuler la fuite de Me Chun au lieu de permettre un véritable témoignage contradictoire.

Autorité des marchés financiers (AMF) : plainte déposée, accusé de réception obtenu, silence depuis

En octobre 2025, le demandeur a déposé une plainte formelle auprès de l'Autorité des marchés financiers du Québec (AMF), l'organisme de surveillance du FARPBQ. La plainte (numéro de confirmation 2534737679, reçue le 8 octobre 2025) dénonce une faillite de gouvernance majeure au sein du Fonds et réclame le déclenchement d'une enquête approfondie, l'imposition de mesures correctrices et une reddition de comptes de la direction du Fonds.

La plainte décrit des manquements graves et l'implication du cabinet de gestion de crise Clyde & Cie. L'AMF a accusé réception de cette plainte. Aucune intervention publique n'a été annoncée à ce jour.

Volet criminel : abandon de procédures, transfert de dossier, témoin central introuvable

Une plainte criminelle (dossier RPY-250224-012) a été déposée pour collusion, entrave à la justice et fabrication de faux.

La police de Repentigny ayant refusé d'enquêter pour conflit d'intérêt dans le dossier, le DPCP lui, refuse de porter des accusations parce que la police de Repentigny ne peut pas enquêter, et que ce n'est pas son travail de le faire.

Le 1er août 2025, Me Yan Vachon a confirmé le transfert du dossier d'enquête au bureau du DPCP de Montréal, au motif que plusieurs personnes visées seraient des acteurs judiciaires du district de Joliette — une décision qui soulève en elle-même la question de l'impartialité des acteurs locaux dans ce dossier.

Ce que ce dossier révèle dépasse le sort d'un seul justiciable. Lorsqu'un avocat peut démissionner en pleine enquête disciplinaire sans conséquence publique, lorsque deux versions contradictoires sur sa localisation coexistent sous serment sans qu'aucune instance ne tranche, lorsque le Fonds d'assurance censé protéger le public finance la défense du cabinet visé tout en envoyant des mises en demeure aux journalistes qui couvrent l'affaire, lorsqu'une dénonciation portée par l'une des avocates les plus respectées du Québec ne suffit pas à rouvrir un dossier disciplinaire, et lorsque la police refuse d'enquêter pendant que le DPCP refuse de poursuivre — la question n'est plus de savoir si le système a failli dans un cas particulier. La question est de savoir combien de cas semblables ce même système a pu produire dans le silence. Un père autiste est toujours séparé de ses jumeaux de 4 ans. Les rapports lui étaient favorables. Personne n'a été sanctionné. Et le témoin central reste introuvable.

Note éditoriale

Les éléments rapportés s'appuient sur des documents judiciaires versés au dossier (demande introductive d'instance, correspondances du Bureau du syndic, confirmation de plainte AMF, déclarations sous serment, échanges DPCP). Toutes les allégations relatives à des actes fautifs ou criminels n'ont pas fait l'objet de conclusions judiciaires définitives. Les personnes et entités mentionnées bénéficient de la présomption d'innocence.

Sources vérifiables : Spunt & Carin · Équipe S&C · Barreau du Québec · Bureau du syndic · Porter plainte · Comité de révision · Avis de démission · FARPBQ · Présentation du FARPBQ · AMF — Plaintes · Wikipedia — AMF · Wikipedia — Goldwater · Cour supérieure · District de Joliette

Documents judiciaires référencés : Demande introductive d'instance 705-17-011918-255 · Correspondance Bureau du syndic (Me Guylaine Mallette, 4-5 août 2025) · Confirmation AMF n° 2534737679 (8 octobre 2025) · Lettre DPCP (Me Flavie Picard, 23 juillet 2025) · Transfert dossier (Me Yan Vachon, 1er août 2025) · Déclaration sous serment Jewel Anna Harrison (pièce JH-1)

Synthèse des indicateurs de risque réglementaire et de conformité

Individu : Me David Chun (ancien avocat, Barreau du Québec — radié au 5 février 2025)

Cabinet : Spunt & Carin, Westmount (Québec)

Entités institutionnelles impliquées : Barreau du Québec · Bureau du syndic · FARPBQ · AMF · DPCP

Signaux d'alerte documentés : (1) Démission d'un avocat en pleine enquête disciplinaire — (2) Fuite présumée à l'étranger pendant enquête criminelle — (3) Contradiction sous serment sur la localisation d'un individu faisant l'objet de procédures — (4) Abandon de procédures criminelles faute de preuve suffisante (témoin introuvable) — (5) Fermeture d'enquêtes disciplinaires dans une chronologie suspecte — (6) Mises en demeure adressées à des journalistes par l'avocat mandaté par le Fonds d'assurance — (7) Plainte déposée à l'AMF sur la gouvernance du Fonds — (8) Erreur factuelle fondamentale admise par la syndique adjointe dans une décision disciplinaire

Statut : Dossier actif. Poursuite civile en cours en Cour supérieure. Plainte AMF reçue. Aucune sanction disciplinaire publique prononcée à ce jour.

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