Procès pour agression sexuelle à Gatineau : un restaurateur et un avocat devant la justice

Publié le 18 février 2026 à 19:34

Le procès du restaurateur Joey Therrien-Rivers et de l’avocat Hugo Petit se poursuit cette semaine au palais de justice de Gatineau, dans un dossier d’agressions sexuelles présumées remontant à juin 2023.

Les deux hommes, âgés dans la trentaine au moment des faits allégués, font face à des accusations d’agression sexuelle avec la participation d’une autre personne. Joey Therrien-Rivers est également visé par un chef additionnel concernant l’une des plaignantes.

Des événements allégués dans la nuit du 22 juin 2023

Selon la preuve présentée en cour, les faits reprochés se seraient déroulés dans la nuit du 22 au 23 juin 2023, après une soirée dans un restaurant de Gatineau appartenant alors à M. Therrien-Rivers, notamment le Sans Façon.

Deux femmes dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication ont livré leur version des événements.

La première plaignante a témoigné avoir perdu ses repères au cours de la soirée, affirmant avoir été droguée. Elle a expliqué s’être sentie extrêmement mal au condo du restaurateur, où le groupe s’était rendu après le restaurant. À son réveil, elle aurait constaté qu’elle était nue dans un lit occupé par les deux accusés, alléguant avoir été agressée alors qu’elle était inconsciente.

Une deuxième plaignante raconte une soirée qui bascule

La seconde plaignante a pour sa part décrit une soirée d’abord marquée par des échanges consensuels avec l’avocat Hugo Petit. Elle a raconté qu’après avoir quitté le restaurant avec les accusés et la première femme, elle se serait retrouvée au condo de Joey Therrien-Rivers.

Selon son témoignage, alors qu’elle se trouvait seule dans le salon, elle aurait été agressée par le restaurateur. Elle a affirmé avoir été paralysée par la peur au moment des gestes allégués. Elle soutient également que, peu après, Hugo Petit aurait eu des relations sexuelles avec elle, dans un contexte qu’elle dit ne pas avoir pleinement consenti.

La témoin a expliqué avoir quitté les lieux plus tard dans la nuit. Elle a décrit avoir conservé contact avec l’avocat pendant quelques semaines avant de couper les liens.

Une salle d’audience attentive et émotive

Depuis l’ouverture du procès, une vingtaine de personnes assistent quotidiennement aux audiences, certaines en appui aux accusés, d’autres aux plaignantes.

Un paravent a été installé dans la salle afin d’éviter tout contact visuel entre les accusés et les témoins. Les deux hommes, qui sont en liberté pendant les procédures, prennent régulièrement des notes durant les témoignages.

Les avocats de la défense ont entrepris un long contre-interrogatoire des plaignantes, cherchant à soulever des contradictions entre leurs déclarations initiales à la police, l’enquête préliminaire tenue en décembre 2024 et les témoignages livrés au procès. Des photographies du condo ont notamment été présentées afin de vérifier certains éléments matériels.

À l’issue du procès, le tribunal devra déterminer si la preuve présentée permet d’établir la culpabilité hors de tout doute raisonnable.

Les audiences doivent se poursuivre au cours des prochains jours au palais de justice de Gatineau.

MISE À JOUR — 20 février 2026

Un développement majeur est survenu vendredi en cours de procès : Hugo Petit et Joey Therrien-Rivers ont été acquittés de deux des trois chefs d'accusation qui pesaient contre eux.

C'est la Couronne elle-même qui a sollicité ces verdicts dirigés d'acquittement auprès du juge Mark Philippe, estimant ne plus être en mesure de prouver les infractions hors de tout doute raisonnable à la lumière des témoignages entendus. En cause notamment : lors de son contre-interrogatoire le jeudi précédent, la seconde plaignante avait admis avoir consenti aux contacts sexuels avec l'avocat Hugo Petit lors des événements de juin 2023.

Le juge a prononcé les acquittements peu après 14h vendredi.

Les deux hommes font désormais face à un seul chef d'accusation restant : agression sexuelle avec la participation d'une autre personne, concernant cette fois uniquement la première plaignante — celle qui avait témoigné avoir été droguée et s'être retrouvée inconsciente.

À la sortie de l'audience, ni la Couronne, ni les avocats de la défense, ni les accusés n'ont souhaité commenter la situation. Les identités des deux plaignantes demeurent protégées par une ordonnance de non-publication.

Le procès doit reprendre lundi et se poursuivre jusqu'au 27 février 2026.

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